CBD et sport : ce que dit la liste antidopage

Un contrôle antidopage ne cherche pas le cannabidiol. Il cherche le THC, et il le trouve parfois chez des sportifs qui n'ont acheté que des produits légaux.

Révisé par Bernard Vos le

Dernière mise à jour le

Un contrôle antidopage ne cherche pas le cannabidiol.

Il cherche le THC, et il le trouve parfois chez des sportifs qui n'ont acheté que des produits légaux.

La ligne passe entre deux molécules, pas entre deux rayons de magasin.

L'essentiel

Le cannabidiol ne figure plus sur la liste des interdictions depuis le 1er janvier 2018. Le THC, lui, y reste inscrit pour les périodes de compétition.

  • Le cannabidiol est le seul cannabinoïde retiré de la liste.
  • Tous les autres cannabinoïdes restent interdits en compétition, dont le THC.
  • Le seuil retenu pour le métabolite du THC est de 150 nanogrammes par millilitre.
  • La charge de ce que contient l'échantillon revient au sportif, sans exception.

Le panorama des questions de sécurité figure sur la page sécurité du CBD. Le point d'entrée général reste la base de connaissances CBD.

Le CBD ne figure plus sur la liste des interdictions

Le cannabidiol a été retiré de la liste des interdictions le 1er janvier 2018. Si vous pratiquez en club affilié, cette date est celle qui compte.

L'Agence mondiale antidopage publie chaque année la liste des substances interdites. Le cannabidiol en est sorti, seul parmi les cannabinoïdes. La liste est appliquée en France par l'Agence française de lutte contre le dopage.

Ce retrait porte sur la molécule, pas sur les produits qui la contiennent. Cette nuance est à l'origine de la plupart des cas litigieux.

Une précision s'impose sur le sens de ce retrait. Sortir de la liste ne veut pas dire apporter un avantage. Aucun effet du cannabidiol sur la performance sportive n'est établi par la recherche.

Le THC reste interdit en compétition

Tous les cannabinoïdes autres que le cannabidiol restent interdits pendant les périodes de compétition. Prenons un athlète contrôlé le matin d'une course régionale.

Le THC appartient à cette catégorie, qu'il vienne de cannabis ou d'un produit au chanvre. La période de compétition commence en principe la veille à 23 h 59. Elle se termine à la fin du prélèvement lié à cette compétition.

Un contrôle mené hors de cette période ne vise donc pas les cannabinoïdes. Cette fenêtre ne protège pas pour autant. Le métabolite du THC reste détectable plusieurs jours après la prise.

La différence entre les deux molécules est décrite sur la page ce qui distingue le THC du cannabidiol.

Le seuil urinaire et ce qu'il mesure

Le laboratoire recherche un métabolite du THC dans les urines, avec un seuil fixé à 150 nanogrammes par millilitre. Voyez ce seuil comme un trait de mesure, pas comme une limite de sécurité.

Un métabolite est un résidu produit par le corps après transformation d'une substance. Celui du THC reste détectable bien plus longtemps que la molécule d'origine. Les laboratoires appliquent ensuite une marge technique légèrement supérieure au seuil.

Des travaux ont mesuré ce résidu après la prise de produits riches en cannabidiol (Source : Spindle et al., 2020). Le cannabidiol seul n'a pas produit de résidu de THC.

Un produit contenant des traces de THC en a produit. Certaines valeurs dépassaient les seuils de dépistage.

Aucun délai fiable ne peut donc être annoncé. La durée dépend de la quantité prise, de la fréquence et du métabolisme.

Pourquoi un produit légal peut poser un problème

Un produit vendu légalement en France peut contenir jusqu'à 0,3 % de THC. Si vous achetez un extrait à spectre complet, vous emportez donc des traces avec vous.

Ce seuil de 0,3 % est une norme de produit, pas une garantie pour un sportif contrôlé. Son fonctionnement est décrit sur la page limite de 0,3 % de THC en France.

Trois familles d'extraits coexistent sur le marché. Le spectre complet conserve des traces de THC. Le large spectre et l'isolat en sont dépourvus selon l'analyse du lot.

Le critère de choix est détaillé sur la page avec ou sans THC, ce qui change. L'étiquette ne suffit pas à trancher.

Une analyse a porté sur 84 extraits de CBD vendus en ligne (Source : Bonn-Miller et al., 2017). Du THC a été détecté dans 18 d'entre eux. L'écart entre l'annonce commerciale et le contenu réel est donc documenté.

La responsabilité stricte du sportif

Le sportif répond de tout ce que contient son échantillon, quelle que soit son intention. Ce principe porte un nom que vous croiserez dans le code mondial antidopage : la responsabilité stricte.

Une explication de bonne foi ne suffit pas à écarter le résultat. Une facture, une étiquette ou un rapport d'analyse ne valent pas défense automatique. La procédure part de la mesure du laboratoire.

Un exemple donne la mesure de cette règle. Deux sportifs utilisent le même produit, un seul est contrôlé. Seul ce dernier risque une procédure, et l'origine du THC n'y change rien.

Les conséquences relèvent ensuite de la fédération et de l'agence compétente. Elles ne se règlent pas par une discussion avec le vendeur du produit.

Ce qu'un sportif peut vérifier avant un contrôle

Le seul élément vérifiable est le rapport d'analyse du lot acheté. Votre fédération peut vous demander ce document, sans qu'il vous protège pour autant.

Trois vérifications concrètes restent possibles.

  • Le rapport porte le numéro de lot inscrit sur le produit.
  • La ligne THC indique « non détecté », avec le seuil de détection du laboratoire.
  • Le rapport correspond à la production achetée, pas à une campagne précédente.

La méthode de lecture est décrite sur la page lire le taux de THC sur un rapport d'analyse. Ces vérifications réduisent le risque sans le supprimer.

Deux points voisins méritent d'être connus. Au volant, la règle française ne tolère aucun THC, comme l'explique la page tolérance zéro au THC sur la route. La somnolence rapportée dans les études figure sur la page les effets indésirables et leur intensité.

La question des quantités élevées est traitée sur la page ce qui a été observé aux doses hautes.

Questions fréquentes

Le CBD est-il interdit aux sportifs ? Non. Le cannabidiol a été retiré de la liste des interdictions le 1er janvier 2018. Tous les autres cannabinoïdes y restent inscrits pour les périodes de compétition.

Un produit au CBD peut-il rendre un contrôle positif ? Oui, si le produit contient des traces de THC. Le laboratoire recherche un métabolite du THC, pas le cannabidiol.

Quel seuil est retenu pour le THC dans les urines ? Le seuil est fixé à 150 nanogrammes par millilitre pour le métabolite du THC. Les laboratoires appliquent ensuite une marge technique légèrement supérieure.

Un certificat d'analyse protège-t-il en cas de contrôle positif ? Non. Le principe de responsabilité stricte fait porter au sportif la charge de ce que contient son échantillon.

Dernière vérification le 14 août 2026 par Bernard Vos, selon notre politique éditoriale.

Ces informations sont fournies à titre informatif et ne remplacent pas un avis médical ou juridique. Le CBD n'est pas un médicament, hors spécialité enregistrée pour certaines formes d'épilepsie. En cas de doute sur votre situation sportive, parlez-en à votre fédération, à votre médecin ou pharmacien.

Sources

  1. 1.Liste des interdictionsAgence mondiale antidopage ()
  2. 2.Code mondial antidopage, article 2.1Agence mondiale antidopage ()
  3. 3.Substances et méthodes interditesAgence française de lutte contre le dopage ()
  4. 4.Arrêté du 30 décembre 2021 portant application de l'article R. 5132-86 du code de la santé publiqueLégifrance, JORF du 31 décembre 2021 ()
  5. 5.Urinary Pharmacokinetic Profile of Cannabinoids Following Administration of Vaporized and Oral Cannabidiol and Vaporized CBD-Dominant CannabisJournal of Analytical Toxicology ()
  6. 6.Labeling Accuracy of Cannabidiol Extracts Sold OnlineJAMA ()